L’édition 2025 du concours Miss Universe, tenue à Bangkok (Thaïlande), a débouché sur un sacre — celui de Fátima Bosch (Miss Mexique) —, mais aussi sur une série de polémiques retentissantes qui ont entaché l’événement. Voici les controverses majeures qui ont secoué le concours.
Les polémiques principales
1. Insultes, humiliation publique et walkout des candidates
Avant la finale, une vidéo diffusée en direct montre le directeur local, Nawat Itsaragrisil, traiter Fátima Bosch de “débile” (“dumbhead”) lors d’un échange préparatoire.
Choquée, Bosch quitte la salle — plusieurs autres candidates la suivent, provoquant une véritable sortie de colère collective.
Ce moment d’humiliation publique a mis en lumière les dynamiques de pouvoir, le traitement des candidates et le manque de respect envers certaines déléguées — des éléments qui ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.
2. Doutes sur l’impartialité et accusations de “vote truqué”
Peu avant la finale, plusieurs membres du jury ont démissionné — dont Omar Harfouch — affirmant que le top 30 finalistes avait été “pré-sélectionné” par un jury secret, en dehors de la procédure officielle, et qu’il y avait des liens d’intérêts entre certains juges et candidates.
Selon Harfouch, la victoire de Fátima Bosch ne serait pas un hasard, mais le fruit d’un accord entre l’un des copropriétaires du concours, Raúl Rocha Cantú, et le père de Bosch — un accord jugé comme un conflit d’intérêts.
Ces éléments ont jeté un doute sérieux sur la transparence et l’équité du concours.
3. Gestion des incidents — chute d’une candidate et hospitalisation
Au cours du concours, une candidate (Miss Jamaica 2025) a fait une grave chute lors du show préliminaire, nécessitant son hospitalisation en soins intensifs.
L’incident a soulevé des questions sur la sécurité des candidates, les conditions d’organisation et le niveau de prise en charge par les organisateurs — d’autant plus que l’événement était déjà critiqué pour son manque de sérieux.
Certains y ont vu le reflet d’un concours plus soucieux du glamour que de la sécurité réelle des participantes.
4. Polémiques autour des dirigeants du concours — accusations de fraude, trafic et légitimité ébranlée
Peu après la fin du concours, les deux copropriétaires de l’organisation, la Thaïlandaise Anne Jakapong Jakrajutatip (groupe JKN Global) et le Mexicain Raúl Rocha Cantú, ont été visés par des enquêtes lourdes :
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Un mandat d’arrêt a été émis contre Jakrajutatip dans le cadre d’un procès pour fraude — elle est accusée d’avoir détourné environ 930 000 USD auprès d’un investisseur.
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De son côté, Raúl Rocha Cantú est sous investigation pour trafic présumé d’armes, de drogue et de carburant.
Ces révélations, quelques jours seulement après l’élection, jettent une ombre énorme sur la crédibilité du concours. Beaucoup se demandent aujourd’hui si la “couronne” attribuée peut encore être légitime, dans un contexte où l’organisation elle-même est remise en question.
5. Réactions et crises de confiance — abandons, démissions et désaffection
À la suite des polémiques, certains membres du concours ont pris leurs distances :
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Une finaliste, Olivia Yacé (Miss Côte d’Ivoire / Miss Univers Afrique & Océanie 2025), a renoncé à son titre, estimant que le concours ne respectait pas les valeurs d’égalité, de dignité et d’équité qu’elle porte.
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Plusieurs partenaires et anciens juges n’ont pas caché leur malaise : l’un des juges — Omar Harfouch — a publiquement dénoncé le manque de transparence et affirmé que le vote était biaisé.
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À l’international, des voix s’élèvent pour remettre en cause la légitimité du concours — certains se demandent si le glamour et les strass valent encore sans respect des règles, de la sécurité ou de l’éthique.
Et maintenant ? Quel avenir pour Miss Universe ?
Avec ces polémiques, le concours Miss Universe 2025 pourrait marquer un tournant. Plusieurs défis se posent :
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Rétablir la confiance des candidates, des sponsors et du public, en réformant la gouvernance et en assurant la transparence des votes.
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Améliorer la sécurité et le bien-être des candidates — l’incident de la chute montre qu’on ne peut plus sacrifier la sécurité pour le show.
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Redéfinir les critères d’intégrité et d’éthique : quand des dirigeants sont eux-mêmes mis en cause, que vaut la légitimité de la couronne qu’ils attribuent ?
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Réparer l’image du concours : sans des réformes sérieuses, de nombreuses voix (candidates, journalistes, fans) pourraient tourner le dos à une institution jusque-là emblématique.
Pour les candidates et les fans, un message fort
Miss Universe 2025 montre que derrière le glamour et le rêve, il y a des enjeux sérieux — pouvoir, argent, influence, pression médiatique, justice. L’histoire de Fátima Bosch ou d’Olivia Yacé doit servir d’électrochoc : le respect, la dignité et l’équité ne sont pas négociables.
Ce concours, censé célébrer la beauté, la diversité et l’empowerment, ne peut plus fonctionner comme un show superficiel. Si Miss Universe veut survivre à cette crise, il devra prouver qu’il est capable de s’inscrire dans une éthique moderne — avec des valeurs qui le rendent crédible aux yeux des femmes du monde entier.

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